Lemasdelolivine

Le verdict

Le verdictFranck Galvin (Paul Newman) est un avocat fini. Râpé par la vie et par l’alcool. En quatre ans, il a eu trois plaidoiries qu’il a toutes perdues. Un jour, Mickey Morrissey (Jack Warden), son ancien partenaire et seul ami, lui apporte une affaire en or. Deux médecins d’un hôpital, géré par des religieux, ont, à la suite d’une malveillance, provoqué un accident opératoire sur une patiente. Celle-ci est depuis plusieurs mois dans un coma irréversible. Pour Franck, la partie semble gagnée d’avance. Il suffit, pour ne pas porter l’affaire au grand jour, de trouver un terrain d’entente avec les principaux intéressés. Ces derniers proposent une importante somme d’argent au titre des dommages. Franck Galvin pourtant se rebiffe. Son procès, il veut le plaider… Tout cela est raconté tranquillement. Sans artifices. Seule la photo imprime la respiration du drame : clairs-obscurs, tons chauds, appartement minable, immeuble délabré. Paul Newman est touchant. Il adhère à son personnage au point de l’habiter (ou de se laisser habiter) totalement. Charlotte Rampling, elle, prouve à qui veut l’entendre, qu’elle peut jouer magnifiquement bien sur les registres du grave. Quant à James Mason, dans le rôle de l’avocat de la défense, il est superbe et fabuleux. Après «Serpico», «Un après-midi de chien», «Le prince de New York» (pour ne citer que les plus récents), Sidney Lumet signe un autre chef-d’œuvre. Une œuvre magnifique de passion et d’amour. Une histoire de l’homme au temps présent.

Miracle en AlabamaMiracle en Alabama

A l’origine de ce film merveilleux de sensibilité et d’émotion, il y a une pièce de William Gibson (qui s’inspirait elle-même du récit autobiographique d’Helen Keller). Arthur Penn l’a d’abord mise en scène à Broadway avec les mêmes acteurs, Anne Bancroft dans le rôle d’Annie Sullivan. La pièce a été un triomphe et s’est jouée plus de trois cents fois avant que Penn ne se décide à la porter à l’écran. Le miracle est que, à aucun moment, on ne pense que cette aventure profondément humaine est un huis clos. Le face à face — puis la complicité — entre cette petite fille devenue sourde (donc muette) et aveugle à la suite d’une maladie, et d’une institutrice spécialisée qui tente de la réveiller au monde, est d’une incroyable violence. L’enfant est un véritable animal livré à lui-même. Son institutrice, malvoyante elle aussi, va se battre pour lui apprendre à communiquer avec le monde extérieur. Pour cela, elle doit imposer par force sa volonté. Ce duel à… vie vous fiche la chair de poule. Il y a à la fois du viol et de l’exorcisme dans les agissements d’Annie l’institutrice, qui se révèle profondément blessée par la vie ! Et, lors du coup de théâtre final, si les larmes ne vous perlent pas aux yeux, c’est à désespérer ! Le film doit aussi beaucoup à ses interprètes : Anne Bancroft, qui reçut pour ce rôle l’Oscar de la meilleure actrice, et Patty Duke, qui elle aussi fut récompensée par l’Oscar du meilleur second rôle féminin. A découvrir de toute urgence !

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