Lemasdelolivine

La nuit porte jarretelles

La nuit porte jarretellesRien que pour avoir trouvé ce titre-là, Virginie Thévenet mérite notre affection… On la connaissait bien, déjà, comme comédienne, puisqu’on l’avait découverte chez Pascal Thomas («Les zozos»), retrouvée chez François Truffaut («L’argent de poche») puis Eric Rohmer («Les nuits de la pleine lune»), qu’on aimait bien son minois acidulé et sa voix, enfin tout. Après Arielle Dombasle, autre comédienne précieuse (qu’on retrouve d’ailleurs ici dans un rôle court mais frappant !), Virginie Thévenet est passée derrière la caméra, comme on dit, pour réaliser son film. Et celui-ci est à l’image de son titre, frais et ludique comme ce joli jeu de mots libertin. Car Virginie Thévenet, en nous montrant des jeunes d’aujourd’hui, à la mode des Halles années 80, parle de sexe tout naturellement, sans la moindre pruderie, avec une délicieuse fraîcheur. Tout se passe donc en l’espace d’une nuit. Jezabel, fille moderne, vive et désordonnée, s’éprend du timide et rêveur Ariel, l’emmène chez elle, puis à travers Paris, à la recherche des plaisirs insolites, des Bains-Douches au Bois de Boulogne en passant par les peep-shows. Ses interprètes sont des jeunes gens qu’elle connaissait bien (JezabelCarpi a une personnalité touchante jusque dans ses maladresses). Le tout mêle le naturel tranquille, une fraîcheur et une franchise sans ostentation, au total une spontanéité bien sympathique.

Moscou à New-YorkMoscou à New-York

Rares sont les Russes qui ont l’opportunité de passer à l’Ouest. En dehors des espions et des diplomates, il n’y a guère que les sportifs et les artistes qui, parfois, ont la possibilité de voyager.Ils sont d’autant plus surveillés par les hommes du KGB. On comprend l’effervescence qui règne au Cirque de Moscou quand on annonce une tournée en Amérique ! Le clown Anatoly déclare à qui veut l’entendre qu’il est décidé à profiter de cette occasion inespérée. Son ami Vladimir, qui joue du saxophone, tente en vain de le raisonner. Les voici donc à New York City, visitant les grands magasins Blooming dale, la merveille des merveilles, et finalement, au moment fatidique, le clown se dégonfle tristement, tandis que le saxo si raisonnable franchit le Rubicon et demande l’asile politique… Ceci pourrait être le point de départ d’un film de propagande à la gloire du paradis capitaliste. Ce serait trop facile, et Mazursky est bien plus subtil. Le chemin du musicien ne sera pas semé de roses, il va découvrir que la liberté a elle aussi ses servitudes, qu’il y a un abîme entre les belles théories et leur application quotidienne. En même temps, il va rencontrer dés types formidables, un Noir d’Alabama ou un avocat pour causes perdues, tout un petit peuple cosmopolite qui fait la richesse de ce pays de Cocagne. Et tout ça ne l’empêchera pas d’avoir le mal du pays… Paul Mazursky a trouvé le ton juste, ce qui n’était pas évident, pour nous conter son histoire : un mélange bien dosé d’émotion et d’humour.

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